06-23-80-31-02 contact@soutien-deuil.fr

Deuil en entreprise : comment concilier santé mentale et productivité ?

Deuil en entreprise : Comment concilier santé mentale et productivité ?

Le deuil est une épreuve universelle, mais lorsqu’il franchit la porte du bureau, il devient souvent un sujet tabou. Pourtant, ignorer la souffrance d’un collaborateur a un coût humain et économique réel. Comment les RH et les managers peuvent-ils mieux gérer le deuil en entreprise pour préserver la santé mentale des équipes tout en maintenant la performance collective ?

Nous passons un tiers de notre vie au travail. Il est donc inévitable que les tragédies personnelles, comme la perte d’un proche, impactent la sphère professionnelle. Longtemps cantonné à la sphère privée, le deuil en entreprise est aujourd’hui un enjeu majeur de la Qualité de Vie et des Conditions de Travail (QVCT).

 

Le deuil au travail : une réalité silencieuse

Selon plusieurs études, une grande majorité des salariés cachent leur détresse émotionnelle par peur d’être jugés ou de paraître moins performants. Ce silence a un prix. Le deuil au travail ne se limite pas aux quelques jours de congés légaux accordés lors du décès. C’est un processus long, cyclique et imprévisible qui affecte la motivation, la concentration et les relations interpersonnelles.

 

L’impact sur la santé mentale des collaborateurs

Le deuil est un facteur de risque psychosocial important. Sans accompagnement adéquat, un salarié endeuillé peut développer :

  • des troubles anxieux ou dépressifs,
  • un épuisement professionnel (burn-out),
  • un sentiment d’isolement au sein de l’équipe.

Intégrer la santé mentale dans la stratégie RH signifie reconnaître que le deuil n’est pas une maladie, mais une étape de vie qui nécessite un aménagement temporaire des conditions de travail.

Deuil et productivité : briser le tabou du présentéisme

Il peut sembler froid de parler de rentabilité face à la mort, mais c’est un langage que l’entreprise doit comprendre pour agir. Le coût du « non-accompagnement » est souvent bien supérieur à celui de la bienveillance.

Le phénomène le plus courant est le présentéisme : le salarié est physiquement présent, mais mentalement absent. Ses capacités cognitives sont altérées (perte de mémoire, difficultés de concentration, erreurs de jugement).

Le saviez-vous ? Un collaborateur soutenu durant son deuil revient plus vite à son niveau de performance optimal et développe une loyauté (rétention des talents) bien plus forte envers son entreprise. À l’inverse, une gestion maladroite du deuil peut entraîner une augmentation de l’absentéisme et du turnover.

5 Clés pour gérer le deuil en entreprise

Pour les managers et les DRH, il ne s’agit pas de devenir psychologue, mais de créer un cadre sécurisant. Voici comment agir concrètement.

1. Anticiper et formaliser la politique de deuil

N’attendez pas le drame pour agir. Ayez une politique claire : jours de congés supplémentaires (au-delà du minimum légal), possibilité de don de RTT entre collègues ou accès à un programme d’accompagnement aux collaborateurs.

2. Former les managers à l’intelligence émotionnelle

Le manager de proximité est le premier rempart. Il doit être formé pour :

  • adopter une écoute active sans jugement,
  • savoir quoi dire (et ne pas dire),
  • détecter les signes de détresse persistante.

3. Aménager le retour au travail

Le retour après les obsèques est souvent le moment le plus dur. La flexibilité est le mot d’ordre pour préserver la santé mentale du collaborateur concerné. Mais les collègues directs du salarié endeuillé doivent aussi être accompagnés (savoir quoi dire ou ne pas dire, oser lui demander…).

4. Communiquer avec tact

Avec l’accord du salarié concerné, informez l’équipe de manière sobre. Le silence radio crée des rumeurs et du malaise. Savoir comment réagir permet aux collègues d’être un soutien plutôt qu’une source de stress.

5. Accepter la durée

Le deuil ne s’arrête pas après trois mois. Les dates anniversaires ou les fêtes de fin d’année peuvent être des moments de rechute. Un management humain sait prendre des nouvelles du moral du collaborateur bien après l’événement.

L’empathie comme levier de performance

Gérer le deuil en entreprise est un exercice d’équilibre délicat entre compassion et exigence professionnelle. Cela nécessite de placer la santé mentale au cœur de vos préoccupations, vous ne faites pas seulement une « bonne action » : vous investissez dans la résilience de votre organisation.

Une entreprise qui sait accompagner ses membres dans les moments le splus difficiles est une entreprise qui s’assure un engagement sans faille dans les meilleurs.

Pourquoi le deuil rend triste ? Mécanismes et processus naturel de guérison